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Publié par AlainLequien

Première de couvertureFaisant suite à mon premier ouvrage sur les Mystères du Jura, et à la demande de plusieurs personnes rencontrées au cours de mes dédicaces, voici quelques nouvelles histoires racontées par Tabourot des Accords[1]. Mais, qui était le sieur Gaulard ? A priori, un gentilhomme de cette Franche-Comté qui considérait son pays comme le meilleur, comme le plus courtois et comme le plus civilisé des pays du monde. Il était d’une ancienne maison, son père étant un homme riche et reconnu en son temps. La devise latine de la famille était « Bene vivere et lætari » que l’on peut traduire par « Bien vivre et se réjouir. » Tout un programme donc. 

 

Les herbes de grossesse 

 Mademoiselle la Clergesse de Pilleuerjus avait un grand désir d’avoir des enfants, mais M39bfig65gaulard.jpgdésespérait d’en avoir. Elle fut conseillée d’envoyer quérir certaines herbes au Couvent des Cordeliers. Elle y envoya sa servante les cueillir. Contre toute attente, c’est cette dernière qui devint grosse. Sa maîtresse s’en apercevant lui dit : « Comment, grosse vilaine, est-ce le déshonneur que vous faites à ma maison ? » Et tout ce qu’une femme de vertu peut dire à une folle. Le sieur Gaulard assistait à cette scène, et voulant apaiser sa cousine, lui dit : « Écoutez, la pauvre fille peut-être n’y peut rien. Elle a goûté et pris ces herbes sans y penser, et la voilà devenue grosse. » (Commentaire amusant d’un sieur Gaulard amateur de jolies femmes …).

 

La prière du Couvent 

 Un jour, il (Gaulard) fit présent de dix écus aux Cordeliers de Dole, afin qu’ils priassent Dieu pour lui. S’en allant, il se ravisa en chemin et retourna au Couvent. Il fit appeler le gardien et lui dit : « Écoutez, Monsieur, gardez bien de prier Dieu pour ma femme, de peur qu’elle sache que je ne vous ai rien donné pour elle. Car alors, elle crierait comme un beau diable. » Il pensait que les prières iraient jusqu’aux oreilles de sa femme, et qu’elles révéleraient ce qu’il n’avait pas donné.

 

La mort du Conseiller 

 Un jour, le sieur Gaulard fut invité aux obsèques d’un Conseiller de Dole par deux jeunes avocats, auxquels il demanda si celui-ci était mort. A la réponse affirmative qui lui fut donnée, il dit : « Vraiment, j’en suis bien marri. Dieu lui doit bonne vie et longue. Je vous prie de me recommander à ses bonnes grâces. » Notre bon sieur Gaulard pensait certainement que son souhait permettrait au Conseiller de ressusciter sur l’heure.


[1] Etienne Tabourot des Accords, Les Bigarrures et touches du seigneur des Accords, avec les apophtegmes du sieur Gaulard, Editions Estienne Maucroy, Paris, première édition, 1585, édition BM de Dijon, 1662.

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